Ceci est une histoire triste. Ceci est une histoire vraie.On ne sait pas grand-chose de Joyce Carol Vincent, et c’est là le coeur de cette étrange histoire.
On sait qu'elle était britannique, d'origine caribéenne, la plus jeune de quatre filles, et la seule née au Royaume-Uni.
On sait qu'elle était belle et rêvait de faire carrière dans la chanson.
On sait enfin qu'elle est morte seule, dans son appartement du
nord de Londres, entourée de cadeaux de Noël à moitié emballés,
la télévision allumée, en décembre 2003.
Et que, tragiquement, son corps est demeuré là, pendant près de trois ans, à l’insu de tous. Jusqu’au jour où, en 2006, les services sociaux ont fait irruption dans l'appartement pour cause de loyers impayés.
Comment cette jeune femme de 38 ans a-t-elle pu demeurer ainsi, pendant si longtemps, sans être découverte ? N’a-t-elle manqué à personne ? Si oui, à qui ?
Tout cela est d'autant plus énigmatique que la vie de Joyce Vincent ne semblait pas la destiner à une mort anonyme et solitaire. Elle avait une famille, des petits amis, des amis, des collègues de bureau. Alors... ?
Au nombre des raisons avancées : le fait que sa vie était compartimentée, qu’elle s’était peu à peu éloignée des uns et des autres, que chacun pensait qu’elle avait coupé les ponts ou était partie vivre ailleurs une autre vie...
Histoire tragique et incroyable... reflet implicite de nos sociétés modernes ? Non pas des êtres qui les composent - les hommes sont des hommes où qu'ils soient - mais de ce que rendent possible ces architectures urbaines, ces rythmes trépidants, cette densité dont chacun tente de s'extraire en tenant les autres à distance : le meilleur, quand on est en mesure ou en position d'en tirer parti, ou le pire.
Oubliée de son vivant, Joyce Carol Vincent est désormais le fil d'ariane d'un film de la cinéaste britannique Carol Morley, sorti sur les écrans au Royaume-Uni en décembre dernier. Intitulé « Dreams of a life », ce docu-fiction élargit et approfondit le champ. Sans résoudre le mystère. Et c'est probablement ce qui le rend envoûtant et inoubliable.
A l'image de celle qui l'a inspiré.
un peu froid dans le dos quand même
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